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Inventé par Tim O’Reilly, l’appellation « Web 2.0 » désigne une nouvelle pratique du web d’avantage orientée en tant qu’une plate-forme mondiale et collaborative et dont les nouvelles technologies qui la constituent seraient entièrement mises à la disposition de notre intelligence collective.
Les caractéristiques du Web 2.0 pourraient se résumer en une volonté clairement affichée des internautes de privilégier la richesse et l'intérêt du contenu sur le contenant ; un contenu dont ils seraient partiellement responsables et par lequel ils seraient entièrement concernés.
Cette appellation « Web 2.0 » ne fait pas suite à un quelconque « Web 1.0 » bien nommé. De plus, elle ne représente pas fondamentalement un changement radical dans l’évolution du web. Regardons-y de plus près...
Premier schéma fonctionnel du Web 2.0 proposée par O'Reilly
Une évolution-révolution
Ladite évolution du web est d’ailleurs, comme dans tous les cas, d’avantage une révolution. C’est-à-dire un mouvement circulaire fait de passages et de repassages aux mêmes endroits. En l’occurrence, s’il existe un Web 2.0, c’est considérer qu’il exista un Web 1.0. Mais aussi un Web 0.0...
Le Web 0.0
Nous n’allons pas nous appesantir sur la naissance de l’Internet mais rappelons qu’à ses débuts, les conditions de son développement furent basées sur la collaboration ; d’abord entre universités et ensuite entre quiconque souhaitait apporter sa pierre à l’édifice (la vigoureuse communauté Linux en est une des expressions pérennes). C’est ce que nous pourrions appeler le Web 0.0, un web d’avant le web mais qui avait en son sein tout son lot d’aspirations communautaristes.
Le Web 1.0
On pourrait dater ce 1.0 aux alentours de 1994, trois ans après que le CERN eu inventé le World Wide Web et que Netscape (version commerciale de Mosaic) fut mis sur le marché. Le marché ! Nous y sommes !
Si le Web 1.0 représente l’émergence d’une pratique populaire du web (du moins dans les pays industrialisés), il est aussi le symbole de la (déjà) résistance passive de la communauté qui
Qui d’entre nous qui travaillions il y a 10 ans dans le secteur, n’a pas en mémoire tel ou tel site aux ambitions pharaoniques et qui disparut du
Le Web 2.0
Si nous voulions jouer au jeu des métaphores, nous pourrions nous amuser à comparer ces 3 webs à des points de vente tels que nous en avons tous dans nos centres urbains :
° Le Web 0.0 : fut un mince réseau d’épiceries fines très spécialisées et réparties dans quelques endroits de
° Le Web 1.0 : fut un soudain réseau de supermarchés où quelques riches commerçants mégalomanes tâchèrent d’imposer leurs quelques produits dans des rayons clignotants de lumières pathétiques. Le citoyen-consommateur, peu convaincu par ces gesticulations criantes de cupidité, s’y hasarda, mi-amusé mi-perplexe, sans pour autant y consommer ce qu’on voulait lui imposer.
° Le Web 2.0 : s’oriente radicalement vers le concept millénaire de « place de marché ». Entendez par là, un endroit ouvert et convivial où se posent des commerçants qui défendent leurs produits, répondent aux questions des consommateurs et acceptent d’entendre la critique – ou les compliments - des badauds. La triangulation commerçant-client1-client2 s’y déploie pleinement au bénéfice de tous.
On n’attrape pas des mouches 2.0 avec du vinaigre 1.0.
A l’heure d’aujourd’hui, l’expression fait long feu sur Internet. Avec l’émergence de la forme Web 2.0 (induite par la résistance passive du citoyen-consommateur), Internet entre dans cette phase de maturité sociale rêvée dans le Web 0.0.
Dorénavant, l’internaute exige qu’on le respecte en lui proposant des messages réellement signifiants et à lui seul destinés.
Après la guerre éclair des contenants, voici revenu le temps paisible des contenus? C'est bien entendu ce que nous, rédacteurs d'e-criture et d'ailleurs, souhaitons ardemment.
Pour approfondir le sujet :
La vision d’O’Reilly du Web 2.0
Vous êtes rédacteur ? Ou vous êtes commanditaire de contenu ?
Alors vous avez sûrement déjà entendu cette petite phrase, voire même l’avez-vous utilisée : « pond-moi un texte de 250 caractères ».
Au premier abord, cette interjection relève de l’anecdote. Cependant, elle est un assez bon reflet, d’une part, de la méconnaissance du métier de rédacteur, de journaliste ou de copywriter et, d’autre part, d’une certaine dévalorisation dont sont trop régulièrement victimes le contenu et son fabricant.
Pertes et profits
Demander à un rédacteur de n’envisager sa production/création que d’un point de vue quantitatif, c’est négliger l’impact de la qualité du «content» (appellation anglophone) et ressort à mon sens d’une faute commerciale doublée d’une approximation professionnelle.
Encore trop d’agences et studios web mésestiment la juste mesure de l’impact d’un contenu pertinent et de qualité.
Et lorsqu’ils en cernent les véritables avantages, c’est cependant un « poste » qu’ils sacrifient afin de réduire les coûts de production et réalisation de leurs websites et rendre leurs devis plus attrayants.
Mais répondent-ils vraiment à leur mission qui est de fournir à leurs clients des sites dont les performances ne sont pas que techniques ou graphiques ?
Du texte en batterie ?
La poule la plus célèbre et docile des studios web s’appelle sans conteste «Lorem Lipsum». C’est avec ce générateur de textes factices que beaucoup de webdesigners travaillent et réalisent des maquettes de présentation à destination du client final.
Régulièrement, nous rédacteurs, sommes confrontés à ce genre de maquettes qu’on nous charge de « remplir » avec un texte dont le volume correspond au Lorem Lipsum généré. Ce qui débouche périodiquement sur… des prises de bec. Car un agencement graphique logique d’un contenu fictif n’est pas forcément en accord avec la réalité d’un contenu réel, pertinent et efficace (c’est-à-dire rentable pour le client).
Processus de création de l’œuf
Et quand bien même les rédacteurs seraient des poules ! Commande-t-on un œuf dans les 10 minutes à n’importe quel gallinacé ?
Dans un article prochain sur e-criture, nous prendrons le temps de décortiquer les différentes phases de composition d’un texte. Mais d’ores et déjà, nous devons insister sur le fait qu’un texte se réfléchit, se nourrit d’informations recueillies, s’évalue, se lie et se relie.
Poule, prête-moi ta plume !
Il n’est pas question ici de présenter le travail rédactionnel comme un long et fastidieux chantier. Mais simplement d’attirer l’attention sur son nécessaire processus de maturation. La rédaction ne devrait pas s’envisager comme «du temps qui coûte». Mais bien comme un rapport temps/rendement/rentabilité.
Avec l’émergence du web 2.0, cette collaboration entre studios et rédacteurs (aguerris) va devenir incontournable. Et c’est une très bonne chose pour le client final. Indéniablement la révolution du contenu se passera bien avant... que les poules aient des dents.
Articles à venir :
* Rédaction : un processus en trois étapes.
* Studio web / rédacteurs web : un tandem gagnant.
* Hypertexte : pyramide et maillage
La phase de rédaction n’est qu’une étape de ce processus.
Si les deux premières ont été opérées avec soin, en général, la phase de rédaction est assez rapide. C’est d’ailleurs un point difficilement explicable à certains interlocuteurs qui ne comprennent pas toujours que, dans certains cas, 100 lignes de textes soient facturées 3x plus chers que 300 autres. Parce qu’ils ne prennent pas en considération le travail en amont. Ou parce que les rédacteurs ne prennent pas toujours le temps de leur expliquer le pourquoi du comment.
Nous n’allons pas nous étendre ici sur «comment bien rédiger du contenu web». Sans doute cette question fera-t-elle l’objet d’un prochain article sur e-criture.org.
Signalons tout de même que ce qui différencie grandement un rédacteur «traditionnel» d’un rédacteur web, c’est l’usage de l’ «hypertexte» et du «maillage». Ces deux concepts seront également traités dans un prochain article. D’ores et déjà, vous pouvez consulter sur le web toute une série de sites qui en parlent abondamment. Autre particularité : désormais le web 2.0 induit un dialogue possible - voire souhaitable - avec le lecteur.
Rapports avec les agences web
Notons simplement que d’une agence à l’autre, la signalétique et les indications des liens dans le corps de texte diffère. Le mieux reste encore de dialoguer entre rédacteurs et webmasters afin de déterminer les codes de lecture du travail du rédacteur, voire du genre de codifications XML utilisé par les agences. Quoi qu’il en soit, une connaissance de l’HTML et de ses principales balises est un atout pour tout rédacteur web.
Petite réflexion sur le temps en guise de conclusion :
Le R.A.R. s’adapte à toute situation de rédaction. Tel que nous l’avons exposé dans cet article et dans les deux qui le précèdent, on pourrait penser qu’il induit un long processus de travail, utile pour les chantiers imposants. Certes.
Cependant, il s’applique aussi aux situations instantanées ou pour les petits travaux. Car tout travail de rédacteur suppose :
1. de recueillir de l’information fiable à communiquer ;
2. d’en évaluer les tenants et aboutissants ;
3. de communiquer profitablement l’information pour son client.