Les rédacteurs ne sont pas des poules
Vous êtes rédacteur ? Ou vous êtes commanditaire de contenu ?
Alors vous avez sûrement déjà entendu cette petite phrase, voire même l’avez-vous utilisée : « pond-moi un texte de 250 caractères ».
Au premier abord, cette interjection relève de l’anecdote. Cependant, elle est un assez bon reflet, d’une part, de la méconnaissance du métier de rédacteur, de journaliste ou de copywriter et, d’autre part, d’une certaine dévalorisation dont sont trop régulièrement victimes le contenu et son fabricant.
Pertes et profits
Demander à un rédacteur de n’envisager sa production/création que d’un point de vue quantitatif, c’est négliger l’impact de la qualité du «content» (appellation anglophone) et ressort à mon sens d’une faute commerciale doublée d’une approximation professionnelle.
Encore trop d’agences et studios web mésestiment la juste mesure de l’impact d’un contenu pertinent et de qualité.
Et lorsqu’ils en cernent les véritables avantages, c’est cependant un « poste » qu’ils sacrifient afin de réduire les coûts de production et réalisation de leurs websites et rendre leurs devis plus attrayants.
Mais répondent-ils vraiment à leur mission qui est de fournir à leurs clients des sites dont les performances ne sont pas que techniques ou graphiques ?
Du texte en batterie ?
La poule la plus célèbre et docile des studios web s’appelle sans conteste «Lorem Lipsum». C’est avec ce générateur de textes factices que beaucoup de webdesigners travaillent et réalisent des maquettes de présentation à destination du client final.
Régulièrement, nous rédacteurs, sommes confrontés à ce genre de maquettes qu’on nous charge de « remplir » avec un texte dont le volume correspond au Lorem Lipsum généré. Ce qui débouche périodiquement sur… des prises de bec. Car un agencement graphique logique d’un contenu fictif n’est pas forcément en accord avec la réalité d’un contenu réel, pertinent et efficace (c’est-à-dire rentable pour le client).
Processus de création de l’œuf
Et quand bien même les rédacteurs seraient des poules ! Commande-t-on un œuf dans les 10 minutes à n’importe quel gallinacé ?
Dans un article prochain sur e-criture, nous prendrons le temps de décortiquer les différentes phases de composition d’un texte. Mais d’ores et déjà, nous devons insister sur le fait qu’un texte se réfléchit, se nourrit d’informations recueillies, s’évalue, se lie et se relie.
Poule, prête-moi ta plume !
Il n’est pas question ici de présenter le travail rédactionnel comme un long et fastidieux chantier. Mais simplement d’attirer l’attention sur son nécessaire processus de maturation. La rédaction ne devrait pas s’envisager comme «du temps qui coûte». Mais bien comme un rapport temps/rendement/rentabilité.
Avec l’émergence du web 2.0, cette collaboration entre studios et rédacteurs (aguerris) va devenir incontournable. Et c’est une très bonne chose pour le client final. Indéniablement la révolution du contenu se passera bien avant... que les poules aient des dents.

Articles à venir :
* Rédaction : un processus en trois étapes.
* Studio web / rédacteurs web : un tandem gagnant.
* Hypertexte : pyramide et maillage